Arrivés à Bandiagara, chef lieu du pays Dogon et par la même occasion, point de départ pour y faire une randonnée. A défaut de trouver un taxi brousse pour nous emmener au bord des falaises, nous parcourons les 25km à pied à 40°: c'est comme mettre 2 cornets de glace dans la cocotte!!! Les falaises nous apparaissent peu à peu: de gigantesques rochers laissent présager ce qui nous attend... Et tout à coup, c'est le vide cosmique! Un ravin de plusieurs centaines de mètre barre notre route... halucinant!!! L'horizon se profile devant nous: une succession de dunes et de plaines se dessinent à l'infini. Mais comment rejoindre le pied de la falise? Ca parait impossible, mais il faut juste trouver la brêche qui permettera de descendre aux villages. Après 1h de recherche, la chance est avec nous... une faille dans la roche nous ammène à Nombori, où nous faisons la connaissance d'un cultivateur Dogon. La verdure des cultures d'oignons, tomates, aubergines tranche avec l'arridité des dunes qui longent cette oasis. Les immenses baobabs, dont les formes torturées rappellent un conte fantastique prennent place ici comme le chêne de nos forêts françaises. L'architecture des habitations confirme cette impression: des cases en terre au toit conique sont montés sur piloti. Ce sont en fait des greniers à mil, tout comme les tellems, habitations troglodytiques dont l'origine remonte avant l'arrivée des Dogons sur le territoire. Ces habitations étonnemant perchées à plus d'une centaine de mètres étaient faites pour se protéger de l'envahisseur. Mais comment faisaient ils pour y accéder? Le climat plus humide du millénaire précédent suggérait que des plantes grimpantes recouvrait la falaise créant ainsi des échelles naturelles. La culture dogon est très riche: les masques sont utilisés pour des cérémonies funéraires visant à libérer les âmes des morts qui continuent de séjourner dans le monde des vivants. Tous les 60 ans un masque d'une dizaine de mètres à l'éffigie d'un serpent est façonné pour la cérémonie du Siguri. Des sacrifices lui sont régulièrement offerts à l'occasion de cérémonies agraires ou le levé de deuil. Le hogon, chef spirituel est bien souvent le doyen du village, auquel un grand respect est témoigné. Il est de coutume de lui offrir des noix de cola (aux effets euphorisants) à l'arrivée au village. Nous sommes justement conduits jusqu'au chef à qui nous lui faisons offrande non pas de noix mais d'espèce de bouillons de cube!!! La gaffe! Bon... nous sommes invités par notre cultivateur et guide de quelques heures à manger chez lui du tau (purée de mil avec une sauce relevée aux épices), ainsi que des aubergines savamant cuisinées. Le repas se conclut avec plaisir par la traditionelle bière de mil. Nous continuons notre marche au fil des journées le long de la falaise. Malheureusement notre visite est obscurcie par la demande incessante de cadeaux faite par les enfants. La présence d'un guide nous aurait évité ce schéma répétitif et pesant à la longue. D'ailleurs, une mauvaise expérience a particulièrement noirci le tableau: un jeune nous invite à passer une nuit chez lui en échange de quoi nous lui offrons le repas avec un big morceau de bidoche. Le lendemain, c'est l'addition qui tombe! Il veut nous faire payer le peu d'ingrédients utilisés pour la préparation du repas (sel, huile,...)! C'est hallucinant! C'est bien la 1ère fois qu'on nous demande une chose pareille! Heureusement ce jeune n'est en rien représentatif de tout la population dogon. Mais force est de constater qu'en ce lieu extrêmement touristique, les toubabs irréfléchis qui donnent des cadeaux à tout va n'ont rien compris de ce que voulait dire "solidarité". Ils ne font qu'exacerber l'assistanat des Africains, plutôt que de réaliser un projet constructif avec eux. Le village de Banani ponctue cette boucle au sein du Pays Dogon. Un petit spectacle de danse accompagné de musique est présenté devant nos yeux en l'honneur de l'inauguration de l'école mise en place par une poignée de toubabs. Rencontre avec Sékou, un guide rasta, qui nous ammène chez lui dans un petit campement pour y passer la soirée! Vendredi matin, au revoir Pays Dogon... nous rentrons sur Bandiagara récupérer notre véhicule, accompagné de notre pote Sékou, qui profite du taxi pour y faire également un saut. Euh, si on compte l'inponctualité des taxis brousses, c'est à dire quelques heures plus tard, nous voilà en milieu d'aprem devant notre 4x4 prêt à refaire chemin inverse afin de rejoindre Douentza par les pistes de nouveau au pied de la falaise. |